Pensée allemande / question juive

Publié le par Chai

Qui s'intéresse à ces problématiques, JUIFS? NON JUIFS?

Théâtre " 3ème génération"  

Dritte Generation est une coproduction de la Schaubühne de Berlin et du Théâtre National Habimah de Tel Aviv.

L’auteur et metteur en scène israélienne Yael Ronen a réuni en « work in progress » des comédiens allemands, palestiniens et israéliens de cette « troisième génération » qui doit vivre avec l’héritage de la Shoah, de l’Holocauste, du conflit au Proche Orient, entre culpabilité et souvenir.

Collectivement ils se sont penchés sur les problématiques qui unissent leurs trois nations pour tenter de comprendre les fondements sur lesquels leurs identités personnelles se construisent dans chacun des différents contextes nationaux.

Ils viennent de familles culturelles très différentes : ils sont nés des deux côtés de l’Allemagne autrefois partagée, sont des Palestiniens musulmans et chrétiens, qui vivent avec un passeport israélien à Haïfa ou à Tel Aviv, ou ils sont issus de familles juives d’origines différentes (d’Europe, du Proche Orient ou d’Afrique du Nord).

Leurs histoires de famille fournissent le matériel de cette recherche collective.

La force incroyable de cette proposition unique en son genre est la qualité de jeu des comédiens qui, dans des courtes scènes improvisées, laissent s’installer le trouble : parlent-ils en leur nom, ou pas ? Les larmes chassent les rires bousculant ainsi « une réponse » que tous souhaiteraient évidente et qui n’existe pas, ne laissant ainsi aucune place au « politiquement correct ». Pour se battre contre les clichés, ils n’épargnent aucune opinion, aucun tabou ou parti pris.

Reste en mémoire, comme une litanie, une phrase répétée souvent pendant le spectacle : « Il ne faut pas comparer ».

Avec Knut Berger, Niels Bormann, Karsten Dahlem, Ishai Golan, George Iskandar, Orit Nahmias, Rawda, Ayelet Robinson, Judith StröBenreuter, Yusef Sweid, Przemyslaw Bluszcz, Wieslaw Cichy, Zdzislaw Kuzniar, Wojciech Ziemianski, Ilse Bode, Angela Hubrich, Karolina Kozak, Hanne-Lore Pretzsch, Dietrich Garbrecht, Matthias Göritz, Jan Kruczkowski, Zygmunt Sobolewski, Zbigniew Górski, Andrzej Ursyn Szantyr


Sur la scène du Berliner Schaubühne, les petits enfants de soldats, de nazis ou de Palestiniens reviennent sur l’histoire de l’Holocauste pour tenter de comprendre la douleur de l’autre.
Des chaises en demi-cercle dans l’espace austère de la Berliner Schaubühne. Dix jeunes acteurs d’une trentaine d’années sont assis sur leur chaise, pieds nus, en pantalons de survêtement gris et tee-shirts flashy marqués d’un « 3G ». Ils n’appartiennent pas à un groupe de thérapie, rassurez-vous. Ils sont la « troisième génération » : les petits-enfants de survivants de l’Holocauste, de Palestiniens expulsés et de national-socialistes. Aujourd’hui, aucun d’eux n’est directement responsable de ce que leurs grands-parents ont fait autrefois. Cependant, les expériences de la « première génération » ont de lourdes répercussions sur l’image que chacune des nations se forge d’elle-même et des autres.
En 2008, Yael Ronen s’est lancée dans une création qui exacerbe les expériences personnelles et les préjugés des participants et les transpose en courtes scènes. Avec ce processus, elle a pris conscience des complexes et des sentiments de culpabilité éprouvés par les acteurs allemands, israéliens et palestiniens. Au début de la pièce, un acteur allemand s'excuse auprès de tous au nom du peuple allemand, pour sa responsabilité dans l'holocauste, et tous les évènements ultérieurs en cascade : création de l'Etat d'Israël, difficultés du peuple palestinien... A la limite de la comédie « stand-up », l’Allemand Niels se fait traiter de « tueur de souris nazi » par son ami israélien parce qu’il a installé une souricière électronique ; les adolescents juifs qui vont en voyage de classe « Holocauste et shopping » dans les camps de concentration en Pologne (« Auschwitz was the best ») sont parodiés ; l’acteur palestinien George se réjouit de son succès dans des films israéliens dans lesquels il reste cantonné au rôle du terroriste fondamentaliste « au grand cœur ». Les passages les plus impressionnants sont ceux où les acteurs appuient leur jeu sur des expériences personnelles et renoncent exceptionnellement à l’ironie. Les acteurs gardent dans la pièce leur propre nom, les pistes sont brouillées entre la réalité historique, la réalité personnelle, l'opinion particulière et l'opinion générale. La relation tendue, dans la bande de Gaza, entre une mère et son fils qui fait dans son pantalon par peur des attaques israéliennes. Le jeune soldat israélien qui, face à un Palestinien, revoit sa grand-mère allemande décédée lui martelant qu’ils ne veulent tous que du sang. Et qui tire.


Au cours de la pièce, malgré les raccourcis de situations très complexes, un point apparaît clairement : chaque position, chaque traumatisme a sa justification et chaque position est génératrice de douleur. Aucune perspective n’est entièrement juste, aucune entièrement fausse. Quand on demande : « Qui est le coupable ? » et que tous désignent les autres ; quand on demande « Qui est la victime ? » et que chacun s’auto-désigne, la relativité des catégories « victime » et « coupable » apparaît clairement.
La pièce insiste d'un côté, par l'ironie, sur la culpabilité à dépasser et de l'autre, par la noirceur du statu-quo, sur la difficile sortie de la position de victime, même pour la 3ème génération.


Comment est né le projet « third generation » ?

La première phase du projet a été consacrée à la recherche. Les acteurs sont allés en Israël, à Berlin et dans les Territoires palestiniens et ont parlé à des thérapeutes, des journalistes, des politiciens et des écrivains qui avaient une vision particulière des relations judéo-allemandes ou du conflit israélo-palestinien. Durant la deuxième phase, nous avons réfléchi ensemble à un moyen de mettre en scène ces expériences personnelles. C’est ainsi qu’est née l’idée d’un demi-cercle de chaises, comme dans une thérapie de groupe, où chacun a l’occasion de s’exprimer. Le contenu de chaque scène a évolué au cours du processus, particulièrement après la reprise du conflit à Gaza.

Que signifie être un Israélien, Allemand ou Palestinien de la troisième génération ?

La première et la seconde génération ont chacune leur propre discours sur l’Holocauste et les événements dans les Territoires palestiniens. Elles utilisent une terminologie particulière, pensent en catégories « criminel » ou « victime ». La troisième génération vit pour le moment un grand décalage entre ces événements historiques qui remontent à longtemps, et le fait qu’ils déterminent encore tellement leur vie et leur identité qu’on ne peut pas les ignorer. Les membres de la troisième génération n’ont pas vécu l’Holocauste ou la persécution des villages palestiniens. Ils ne sont plus « victimes » ou « criminels » mais ont d’autres positions pour lesquels ils ont besoin d’une nouvelle langue et d’une nouvelle terminologie. Chaque groupe a sa propre façon de raconter les événements et ce n’est pas toujours facile de dire si l’une est « juste » et l’autre « fausse », car chaque récit est justifié. La troisième génération a simplement besoin de trouver son propre langage.

A la fin de la représentation, il y a un clash bruyant entre les groupes participants. Au moment des applaudissements, les acteurs reviennent sur scène avec des bras plâtrés, bandages de crâne et minerves. N’y a-t-il donc aucun espoir de trouver une solution au conflit ?

Je ne vois pas l’ensemble de la situation comme un problème auquel il y aurait une solution concrète. Il n’y aura jamais de coexistence pacifique. Tout ce qu’il peut y avoir, c’est une confrontation constante, une fouille continuelle du passé. Il y a certaines choses sur lesquelles on ne peut pas revenir. L’Holocauste ne pourra jamais être « redressé ». Mais nous pouvons obtenir un dialogue juste et voir le côté humain des ennemis jurés, nous pouvons accepter la souffrance des autres et comprendre que celle-ci ne nous enlève rien.

Amit Epstein et Irina Szodruch http://www.cafebabel.com/fre/article/29901/auschwitz-theatre-holocauste-memoire-generation.html


Visite du musée juif à Berlin, très symbolique



 

Histoire des juifs en Allemagne :

 

Questions de l'exil et des emplois occupés par les juifs : comment la société dans laquelle ils vivaient a conduit les juifs à des mouvements géographiques et des choix socio-profesionnels plus ou moins imposés.

 

Au Moyen-Age, les chrétiens interdisent aux juifs d'être Handwerker, ils deviennent alors banquiers, s'en suit une longue tradition qui leur sera plus tard reprochée alors qu'elle leur a été au départ imposée

 

Dès le Moyen-Age, il est imposé aux juifs de porter un signe de reconnaissance (cercle jaune), au départ en 1215 pas par discrimination, mais ensuite par discrimination

En effet, lors des croisades, les juifs, qui sont considérés comme ceux qui n'ont pas vu la lumière  (ils sont représentés les yeux bandés) = qui sont impies, sont soit tués, soit convertis de force, certains se suicident alors

 

Ensuite, l'entrée des villes leur est interdite, soit directement, soit indirectement par l'application de taxes aux non-chrétiens ou l'obligation applicable aux non-chrétiens de se faire accompagner par un soldat qu'il fallait payer, et les juifs, qui n'en ont pas les moyens, se replient donc vers les campagnes.

Ils n'ont tjs pas le droit d'être Handwerker, ils peuvent prêter de l'argent mais sont désormais sur ce créneau en concurrence avec les chrétiens qui sont désormais autorisés à être banquiers. Ils n'ont pas accès au métier de paysan car l'église ne vend pas de terres aux nons-chrétiens. Ils vivent donc des étoffes, bijoux, etc. Certains font de l'élevage dans leurs cours.

 

Les synagogues sont discrètes, à l'intérieur des maisons (cf Unterlimpurg, Schwäbisch Hall)

 

Question de l'assimilation :

Le Yiddisch sonne allemand mais s'écrit en lettres hébraïques; la langue est donc une barrière à l'intégration. Au siècle des Lumières, Moses Mendelson traduit la Torah de l'hébreu en allemand (1780) mais  écrit en phonétique en lettres hébraïques, afin de faire en sorte que les Juifs apprennent l'allemand (+ commentaires philo, Histoire (à l'époque, tout le monde était croyant))

-> nouvelle langue

-> finalement apprentissage de l'allemand en lettres latines

-> intégration

 

Au XIX siècle, les juifs sont bien intégrés dans la société allemande, ils font partie de la bourgeoisie.

Déjà au Moyen-Age, tous les hommes juifs savaient lire la Torah (différent chez les chrétiens); les femmes, quant à elles, recevaient l'éducation à la transmission des traditions (c ainsi par femmes que se transmet la judaïté), mais elles apprennent à lire seult à partir du XIX siècle

 

En 1870, l'Allemagne fédère les Länder en un Reich. Les juifs sont alors des citoyens comme les autres, à qqs exceptions près : ils n'ont pas accès aux emplois d'Etat : fonctionnaire, juge,  professeur d'Université, Ministre.

Certains (1%) se convertissent pour accéder à ces fonctions. 7% sont des juifs de gauche, athées, des juifs non judaïsant, comme Karl Marx et Rosa Luxembourg. Qqs % sont des sionistes mais la plupart sont patriotes, attachés à leur pays l'Allemagne.

 

Au début du XX siècle, ce sont les 20 années d'or, bcp de jeunes juifs font partie de l'élite. Sous la République de Weimar, les juifs sont des citoyens à part entière, ont les mêmes droits que tous les allemands, un ministre est juif. On peut citer Einstein, Freud, Magnus Hirschfeld (science de la sexualité)... Les écrivains juifs écrivent sur tous sujets, ne se limitant plus aux questions juives.

Néanmoins, les places de fonctionnaires sont prises, c'est pourquoi les juifs s'installent plutôt dans les professions libérales, ils cherchent des niches.

 

Néanmoins, malgré l'intégration presque parfaite, on assiste entre 1880 et 1910 à l'arrivée de juifs russes très arriérés qui inspirent certains juifs allemands tentés de revenir à une orthodoxie. Les échanges entre juifs russes et allemands sur le front de la 1ère guerre mondiale vont également dans ce sens. Au total, cette tendance suscite de nouveau l'antisémitisme.

 

 

Question du kasher :

Torah autorise de consommer la viande des ruminants et des animaux à 2 onglons

séparation lait et viande

-> sépa vaisselle, 2 frigos, 2 lave-vaisselles

A l'origine Q d'hygiène -> inscription dans la Torah mais now?

2 écoles :

-les orthodoxes appliquent le texte

-les réformistes pensent que les raisons qui ont dicté le texte ne sont plus d'actualité de nos jours

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Publié dans Deutschland

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