Les Derniers de la rue Ponty - Sérigne M. Gueye
Un débat fourni sur le plateau de Ruquier
Il y a des arguments des 2 côtés
Au crédit de Disiz, le fait qu'il se soit appliqué à faire un bouquin sur un thème original et non pas sur la banlieue.
Le problème est qu'il focalise le propos sur la discrimination dont il est l'objet, ce qui gomme le vrai débat sur son bouquin.
Une question intéressante : tous les jeunes, qu'ils soient de banlieue ou non, bénéficient des cours de l'école de la République et ont accès aux auteurs de référence qui peuvent devenir leurs modèles; ça c'est la théorie mais est-ce que celà suffit pour l'égalité des chances? Est-ce que l'égalité des chances doit s'arracher à la force du poignet? doit-on louer l'effort et critiquer la pénible paranoïa? chacun a tjs un handicap à combattre par l'effort (couleur de peau, milieu social des parents, lieu de vie, etc..). Alors faut-il blamer ceux qui s'offusquent de devoir fournir plus d'efforts que les autres pour se hisser dans l'ascenseur social? Tout dépend sans doute de la raison pour laquelle il faut fournir plus d'efforts. Tout le monde ne vient pas au monde avec une cueillère d'argent dans la bouche, ce n'est la faute de personne, c'est un fait qu'il faut plus de chemin géographique, culturel, etc aux uns qu'aux autres pour s'ouvrir à des milieux qui ne sont pas le sien. A chacun de décider des efforts qu'il est prêt à faire pour grimper vers son but, ou de se satisfaire de sa condition.
En revanche, lorsque, engagé sur le chemin et ayant fait ses preuves, on est freiné pour des raisons subjectives, doublé par d'autres pas plus méritants, au prétexte de sa couleur de peau, de son genre, etc... il est alors légitime de s'offusquer de devoir fournir plus d'efforts. Là est la nuance à mon sens entre le discours revendicatif et le discours paranoïaque.
Reste à savoir si on raisonne en principes et valeurs ou en pragmatisme. En principe, le ressenti de l'invité du jour est respectable, même si en choisissant ce thème il aurait dû, pour se faire entendre, argumenter, nuancer et élargir son propos. Mais en pratique, cette évocation de son ressenti ne sert pas du tout son objectif : car ce qui est clair c'est que le discours sur une persécution ressentie, même légitime, agace et freine, c'était le cas ce soir sur le plateau de Ruquier.
Conclusion :
1) Pour dénoncer efficacement une discrimination ressentie, il convient de donner des éléments objectifs et des arguments élargissant le propos = il y a réellement dicrimination et non paranoïa. On peut tjs considérer qu'il faudrait inverser la charge de la preuve=ce n'est pas au persécuté de montrer qu'il est réellement persécuté mais on l'a vu, ce n'est pas comme celà que la société le perçoit. Donc le préalable pour etre entendu est de démontrer la réalité de la discrimination et sa généralisation
2) Même légitime, cette dénonciation, comme toute revendication (par exemple une augmentation de salaire) doit être pesée au regard de l'objectif recherché : quelle revendication a le plus de chance d'aboutir? comment et dans quelle mesure peut-elle aboutir? quelle stratégie dois-je adopter pour me faire entendre sans perdre de plumes?
Le débat de ce soir portait sur le thème tabou du racisme, mais celà vaut pour toute revendication (égalité des sexes, revendications syndicales, etc). La lutte pour l'incarnation des valeurs de la République Liberté-Egalité-Fraternité est tjs légitime mais l'objectif n'est pas directement accessible. C'est plutôt à mon sens un objectif vers lequel tendre, le considérer comme un dû est légitime mais utopique et en tout état de cause celà ne suffit pas à faire avancer les choses. Il reste à oeuvrer pas à pas, à son niveau, en étant le plus efficace possible et pour celà il convient de peser son discours. Ce n'est pas forcément dégradant que d'avoir à négocier pour s'imposer.
Il y a des arguments des 2 côtés
Au crédit de Disiz, le fait qu'il se soit appliqué à faire un bouquin sur un thème original et non pas sur la banlieue.
Le problème est qu'il focalise le propos sur la discrimination dont il est l'objet, ce qui gomme le vrai débat sur son bouquin.
Une question intéressante : tous les jeunes, qu'ils soient de banlieue ou non, bénéficient des cours de l'école de la République et ont accès aux auteurs de référence qui peuvent devenir leurs modèles; ça c'est la théorie mais est-ce que celà suffit pour l'égalité des chances? Est-ce que l'égalité des chances doit s'arracher à la force du poignet? doit-on louer l'effort et critiquer la pénible paranoïa? chacun a tjs un handicap à combattre par l'effort (couleur de peau, milieu social des parents, lieu de vie, etc..). Alors faut-il blamer ceux qui s'offusquent de devoir fournir plus d'efforts que les autres pour se hisser dans l'ascenseur social? Tout dépend sans doute de la raison pour laquelle il faut fournir plus d'efforts. Tout le monde ne vient pas au monde avec une cueillère d'argent dans la bouche, ce n'est la faute de personne, c'est un fait qu'il faut plus de chemin géographique, culturel, etc aux uns qu'aux autres pour s'ouvrir à des milieux qui ne sont pas le sien. A chacun de décider des efforts qu'il est prêt à faire pour grimper vers son but, ou de se satisfaire de sa condition.
En revanche, lorsque, engagé sur le chemin et ayant fait ses preuves, on est freiné pour des raisons subjectives, doublé par d'autres pas plus méritants, au prétexte de sa couleur de peau, de son genre, etc... il est alors légitime de s'offusquer de devoir fournir plus d'efforts. Là est la nuance à mon sens entre le discours revendicatif et le discours paranoïaque.
Reste à savoir si on raisonne en principes et valeurs ou en pragmatisme. En principe, le ressenti de l'invité du jour est respectable, même si en choisissant ce thème il aurait dû, pour se faire entendre, argumenter, nuancer et élargir son propos. Mais en pratique, cette évocation de son ressenti ne sert pas du tout son objectif : car ce qui est clair c'est que le discours sur une persécution ressentie, même légitime, agace et freine, c'était le cas ce soir sur le plateau de Ruquier.
Conclusion :
1) Pour dénoncer efficacement une discrimination ressentie, il convient de donner des éléments objectifs et des arguments élargissant le propos = il y a réellement dicrimination et non paranoïa. On peut tjs considérer qu'il faudrait inverser la charge de la preuve=ce n'est pas au persécuté de montrer qu'il est réellement persécuté mais on l'a vu, ce n'est pas comme celà que la société le perçoit. Donc le préalable pour etre entendu est de démontrer la réalité de la discrimination et sa généralisation
2) Même légitime, cette dénonciation, comme toute revendication (par exemple une augmentation de salaire) doit être pesée au regard de l'objectif recherché : quelle revendication a le plus de chance d'aboutir? comment et dans quelle mesure peut-elle aboutir? quelle stratégie dois-je adopter pour me faire entendre sans perdre de plumes?
Le débat de ce soir portait sur le thème tabou du racisme, mais celà vaut pour toute revendication (égalité des sexes, revendications syndicales, etc). La lutte pour l'incarnation des valeurs de la République Liberté-Egalité-Fraternité est tjs légitime mais l'objectif n'est pas directement accessible. C'est plutôt à mon sens un objectif vers lequel tendre, le considérer comme un dû est légitime mais utopique et en tout état de cause celà ne suffit pas à faire avancer les choses. Il reste à oeuvrer pas à pas, à son niveau, en étant le plus efficace possible et pour celà il convient de peser son discours. Ce n'est pas forcément dégradant que d'avoir à négocier pour s'imposer.
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