Droit à disposer de sa vie

Publié le par Chai

Sur la question de l'avortement, s'opposent le droit de la femme à disposer de son corps et le droit de l'embryon directement lié à sa définition éthique. Qu'est-ce qu'un embryon? un être, un être en devenir, une entité non-finie et non dotée d'une vie autonome... (sachant que la frontière entre ces différents états est mince et forcément fixée arbitrairement). Quand un Homme est-il un Homme? La problématique de l'avortement est-elle la même que celle de l'élimination des embryons congelés? Alors que dans le cas de l'avortement, le droit de la femme à disposer de son corps plaide en sa faveur, l'élimination des embryons congelés semble paradoxalement poser moins de problèmes de conscience. Pourquoi? Parce que l'esprit ne parvient pas à conceptualiser l'embryon congelé comme un être potentiellement vivant ou bien parce qu'il n'y a alors pas de responsable tout trouvé (le géniteur, la génitrice, le personnel de FIV, les chercheurs...) ou bien encore parce que la chaîne de déroulement des évènements a déjà été interrompue et qu'il est moins difficile d'y mettre un terme?  Dans le cas de l'IVG, c'est la femme qui porte in fine seule la responsabilité du choix, de la conception intime de ce qui se passe dans son corps. Le fait que l'embryon fasse partie de son corps lui donne à la fois la liberté et la responsabilité du choix intime.

Sur la question de l'euthanasie, il est difficile de légiférer. La loi est sensée rétablir ou garantir une unité de traitement. or la variété des cas d'espèces rend quasi impossible in fine d'établir une égalité de traitement
- la personne est-elle consciente ou non?
si oui, on peut penser qu'elle est en état de décider de sa mort mais son jugement n'est-il pas altéré par la douleur par exemple?
si non, même si elle a manifesté auparavanat une volonté particulière, comment être sûr qu'elle n'a pas changé d'avis? comment pouvait-elle avoir un avis sur son ressenti d'un état qu'elle ne connaissait pas de l'intérieur?
-la personne est-elle en capacité physique de se suicider (elle porte alors seule la responsabilité) ou doit-elle être assistée (la responsabilité morale et pénale est alors reportée sur un tiers; ces problématiques avaient été évacuées -comment?- dans les sociétés grecques et romaines où le suicide assisté était pratique courante)?
Comment alors prendre une décision "à la place de"?  par consensus entre le patient, l'entourage familial, l'entourage médical qui connaît bien le patient? comment être sûr que n'entrent pas en ligne de compte des enjeux financiers (déficit de la sécurité sociale et héritages familiaux)? comment renoncer à l'espoir d'un progrès de la médecine salvateur?


La loi ne peut pas tout : par exemple le don d'organe est une obligation légale, pourtant dans les faits soumise au consentement des familles

Les religions nient le droit de disposer de sa vie, droit dont Dieu est l'unique détenteur. Au contraire, dans les civilisations grecques et romaines, le suicide était pratiqué  socialement comme les politiques ou coachs sportifs de nos jours démissionnent...


Vouloir disposer de la vie et la mort en début ou fin de vie, c'est chercher à  répondre à une souffrance (essentiellement psychique) que l'on pense insurmontable


Voir : Philippe Lazare "Petit traité de l'âme" (conception matérialiste d'une âme directement liée à un impact sur l'environnement humain) et aussi "L'Homme superlumineux" qui s'appuient sur des notions de physique quantique

Publicité

Publié dans Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article