Pharaonne
Pharaonne
Il sort souvent de son lit le long fleuve qui mène au Tien
Il est généreux à profusion de ses berges dont se nourrissent ceux qui y vivent : dattes, moutons, chèvres, lentilles, orge, papyrus …
Il abreuve sans limite à grande gorgées fraîches, dans l’ombre de ses palmes, les chanceux qui ont échappé au Désert aride
Bien sûr, il lui arrive de ravir ceux venus trop près de ses eaux sombres et profondes pour s’y mirer ; le crocodile royal est toujours en maraude entre deux cataractes tumul-tueuses
Mais que jamais ne vienne l’idée de brider son amont, pas de barrage, pas de canal : et tant pis s’il change son cours, sa direction ou s’il noie dans ses rivages ceux à qui il a permis d’exister un peu
Imprévisible, soleil et fantasque, il est seulement beau
Il est la Pharaonne.