La SATIETE
C'est une notion primordiale en psychologie du comportement (alimentaire mais pas seulement)
Tous les désordres alimentaires, visibles extérieurement ou non, ont à voir avec la satiété.
L’anorexique veut contrôler tout, y compris son corps et sa faim. La maîtrise n’est jamais totale et l’insatisfaction permanente. A la fois, l’idée de satiété n’a plus de sens puisque la faim est niée, et à la fois, l’anorexique est insatiable dans sa quête de maîtrise.
Le boulimique (pulsions d’ingurgitation massive avec vomissement ensuite) et l’hyperphage (pulsions d’ingurgitation massive sans vomissement) cherchent à combler un manque et non pas seulement à combler leur faim. La satiété physique ne compte plus et la problématique se reporte sur la recherche de satiété affective.
L’obèse a également un dérèglement de sa satiété.
- soit ils sont hyperphages[1]
- soit le mécanisme de satiété est bloqué par la culpabilité : ils ont un autre trouble du comportement alimentaire du fait de la surcommunication sur le sujet : manger devient un problème, les quantités doivent être mesurées, certains aliments sont présentés comme mauvais et leur consommation est culpabilisante : or un aliment consommé en culpabilisant ne déclenche pas le mécanisme de satiété normal et dans un mécanisme de tout ou rien déclenche un laisser-aller, une perte d’estime de soi voire une volonté de destruction et une surconsommation
- soit le mode de vie perturbe la durée des repas, or les nutriments ingérés n’arrivent à l’intestin (ce qui déclenche le mécanisme de satiété) que 20 minutes après l’ingurgitation. Le repas doit durer plus de 20 minutes, doit être pris lentement, pour éviter une prise alimentaire massive dans les 20 premières minutes, prise alimentaire qui dépasse beaucoup ce qui aurait suffit pour être rassasié. Idem pour le grignotage qui par essence dure moins de 20 minutes et génère des prises alimentaires élevées. Au contraire, en cas de grignotage occasionnel, le régime est spontanément rééquilibré lors du repas suivant.
- soit le mode de vie est trop sédentaire, le corps et ses sensations à l’effort sont mal connus, la satiété est mal repérée. En outre, l’absence d’activité entraîne ennui et proximité de la source alimentaire donc plus de tentations. Sans compter qu’en l’absence d’exercice, évidemment le surplus énergétique est encore moins consommé et d’autant plus stocké. Quitte à culpabiliser les gens sur quelquechose, insister sur l’activité physique plutôt que sur l’alimentation.
- soit physiologiquement, le seuil de satiété est plus élevé que pour les individus moyens
Ces différents facteurs peuvent se combiner et il existe des prédispositions génétiques (les enfants et jeunes adultes ne sont sujets à l’obésité qu’en cas de prédisposition)
[1] Attention les hyperphages sont souvent obèses si les crises sont fréquentes (apports caloriques massifs lors des pulsions) mais tous les obèses ne sont pas hyperphages.